La Finlande

Des forêts, des lacs, des marais, des rivières, des forêts, des marais, des lacs, des forêts, des rennes, des lacs... et quelques villes perdues au milieu des lacs, des forêts, des rivières...

 

Un pays pas comme les autres. Étouffée pendant des siècles par la politique expansionniste de ses voisins russes et suédois, la Finlande a eu du mal à asseoir sa souveraineté et à faire valoir sa culture. Aujourd'hui, le Finlandais manque encore de confiance dans sa bonne étoile et reste un peu complexé vis-à-vis des étrangers que nous sommes.

 

Pourtant, depuis la Seconde Guerre mondiale, le pays multiplie les succès économiques et a déjà rejoint les rangs des nations les plus développées. La qualité de vie y est exceptionnelle. Les villes sont plantées au cœur des forêts, au bord des lacs, dans des sites paisibles et aérés, et les Finlandais cultivent un lien privilégié avec la nature omniprésente. Randonnée, sports nautiques, pêche, sports d'hiver, voilà ce qui occupe leurs week-ends.

 

Il ne tient qu'à nous d'en profiter également, et de nous laisser attirer par cette nature gigantesque, sauvage et sereine. Plongeons dans les petits sentiers et partons à la découverte des lacs les plus retirés. Imprégnons-nous de cet équilibre naturel qui a fait de la Finlande et des Finlandais ce qu'ils sont aujourd'hui. Nous ne devrions pas le regretter.

 

Géographie

 

La superficie de la Finlande représente à peu près les deux tiers de celle de la France, avec 338 145 km2, pour une population plus de 10 fois moindre. C'est dire que l'on ne s'y bouscule pas. Sans être un pays de montagnes (point culminant au Haltiatunturi, aux confins suédois et norvégien, à 1.324 m), ce n'est pas non plus un plat pays. La première impression d'uniformité est vite démentie dès que l'on parcourt le pays à pied. Un élément unique a façonné le relief : les glaciations.

 

Un savant fou de l'université de Jyväskylä a dénombré 187.888 lacs et 179.584 îles, dont 98.687 dans les lacs et 80.897 le long des côtes ! Je pense qu’on ne les fera pas tous 

 

Grosso modo en Suède, on distingue :

- Les régions côtières, très déchiquetées, abritant de merveilleux petits villages tout de bois vêtus qui se réveillent doucement après un long hiver engourdissant. À quelques îlots épars succède une imbrication de terre et d'eau, où l'élément marin cède bientôt la suprématie à l'élément terrestre. Enfin, les baies échancrées sont remplacées par des lacs : c'est la terre ferme, mais l'entrelacs n'en finit pas pour autant.

- L'intérieur, où les lacs sont rois. Les dépôts glaciaires ont formé des moraines, des buttes et surtout des dorsales appelées harjuts en finnois. Ne croyez pas qu'un lac ressemble à un autre lac. C'est incroyable la variété des découpes, des contours, des essences d'arbres qui les bordent et des îlots qui en complètent l'harmonie. Parfois clos, souvent reliés aux autres par un cours d'eau, on peut les exploiter de mille manières. Les plus grands d'entre eux sont reliés d'un bout à l'autre par des bateaux de tourisme qui proposent toutes sortes de croisières.

- Le nord, enfin, avec la Laponie et ses douces collines arrondies, les tunturit, comme écrasées par les lourdes neiges hivernales. Spectacle impressionnant de la toundra à perte de vue, à peine animée par un troupeau de rennes, constellée de bouquets de bouleaux qui résistent à tout ou de pins courageux qui parviennent à tenir le coup sous ces latitudes, creusée de rivières sauvages évacuant en trombe les eaux prises en otage par les glaces le reste de l'année. Et dans ces rivières, les jours de chance, on trouve de l'or. Oui, de l'or !

 

Climat

 

Bénéficiant encore de l'influence de l'Atlantique et du Gulf Stream, le pays jouit d'un climat relativement tempéré pour sa latitude. L'hiver est froid (- 30 °C en Laponie n'a rien d'exceptionnel) et dure entre 5 mois (dans le sud) et 7 mois (dans le nord).

 

Le 1er mai, on en fête la fin de l'hiver. Le printemps est court. Dès le 1er juin, campings et AJ se préparent à accueillir les estivants, car entre le début juin et le début août, la Finlande est en vacances, la foule se presse sur les plages du Sud et les sentiers du Nord, le thermomètre dépasse les 20 °C dans la journée (parfois même les 30 °C !), les baies poussent et les moustiques éclosent par millions (cette perspective m’effraye un peu).

 

Au 15 août, touristes et moustiques se font plus rares, les bateaux de croisière restent au port, les campings commencent à fermer et la fraîcheur revient. C'est la pleine saison des myrtilles, mais les nuits s'avèrent parfois glaciales en Laponie. L'automne, la ruska, commence en septembre en Laponie (la nature se colore en rouge et orange de façon féerique) et s'étend dans le Sud un mois plus tard. La neige suit, quelques semaines après. La haute saison d'hiver débute en février. En Laponie, les bonnes années, vous pourrez skier (en maillot de bain...) jusqu'à la mi-mai.

 

Mais attention, même si les moyennes sont plutôt stables, le temps peut changer radicalement du jour au lendemain.

 

Langues

 

Le Finnois est celui qui parle le finnois (la langue), tandis que le Finlandais est l'habitant de la Finlande (il peut être de langue finnoise, suédoise ou même same). En effet, la présence multiséculaire des Suédois a laissé des traces et la Finlande possède deux langues officielles : aujourd'hui encore, près de 6 % de la population parle le suédois.

 

Le finnois n'a rien de commun avec la majorité des langues d'Europe, dites indo-européennes. C'est une langue aux sonorités étonnantes, qui fait partie du groupe linguistique finno-ougrien, également représenté en Europe par le hongrois et l'estonien, ainsi que par certains parlers en voie de disparition (tel le carélien).

 

Nous allons réviser notre anglais, qui va s'avérer indispensable. Quant au français, au classement des langues parlées par les adultes, il n'arrive que bien loin derrière l'allemand.

 

La faune

 

La faune est très riche, avec 67 espèces de mammifères. On voit, entre autres, des rennes, des élans, des écureuils et plus rarement des rats musqués, des lemmings, des martres et des renards. La Laponie orientale et la Carélie abritent des lynx, des loups, des ours et des gloutons. En Carélie, il reste quelques rennes sauvages. Le poisson est abondant, en particulier le saumon.

 

Le pays est un paradis pour ornithologues : il accueille près de 400 espèces sédentaires ou migratrices. Outre les espèces marines dans l'Ouest et celles de la taïga et de la toundra, on peut y observer quantité d'oiseaux migrateurs. Quelques espèces sont chassées (canards, tétras, lagopèdes), mais avec un respect de la nature qui fâcherait nos nemrods nationaux : strict respect des dates de nidification, nombreuses zones protégées.

 

La flore

 

La flore est variée et explose entre fin mai et septembre : arbres, arbustes, baies, champignons, fleurs, mousses, lichens. Certaines vallées humides font penser à une vraie jungle. À l'opposé, dans l'extrême Nord, la toundra présente un caractère austère et désolé.

 

Bien sûr, l'essentiel, ce sont les forêts, qui occupent 69 % de la superficie du pays. On en rencontre essentiellement trois types : les forêts de pins (55 %), sur des sols secs ou des bancs de sable, abritent une végétation assez pauvre ; les forêts d'épicéas (30 %), sombres et denses ; les forêts de bouleaux (13 %), les plus riches en termes de flore.

 

Plus d'un tiers appartient à l'État, via l'Office des parcs et forêts. Leur exploitation se fait sans excès, avec un souci de préservation des zones remarquables et des sites de valeur.

 

La naissance du finnois écrit

 

Jusqu'au milieu du XVIe siècle, personne n'avait eu l'idée d'écrire le finnois! Le premier à s'y coller fut l'évêque Mikael Agricola, un proche de Luther. Il se servit de l'alphabet suédois avec des intentions très orientées : rendre plus accessible au peuple la nouvelle religion.


Les balbutiements de la littérature finlandaise furent quand même rédigés en suédois, car, même après Agricola, le finlandais écrit s'est limité pendant deux siècles aux ouvrages religieux. La langue de la classe cultivée demeurait le suédois et, comme partout en Europe, celle des savants, le latin.

 

Le Kalevala et ses conséquences

 

Mais absence de tradition écrite ne veut pas dire absence totale de littérature. De génération en génération, s'était transmis un florilège de chants épiques que les bardes accompagnaient de l'instrument national, le kantele, sorte de cithare à cinq cordes. Il fallait un catalyseur : c'est là qu'apparaît Elias Lönnrot, obscur fils de tailleur et médecin de campagne, aujourd'hui considéré comme un héros national. Pendant une dizaine d'années, il sillonne l'est du pays, recueillant un ensemble disparate de poèmes, de légendes et d'histoires populaires qu'il réécrit en 12.078 vers ordonnés en 32 chants. Le Kalevala est né.

 

Quand la conversation avec des amis finlandais s'oriente vers le Kalevala, ne le rabaissez pas à une quelconque Chanson de Roland. Comme le Mahabharata en Inde, c'est une conception philosophique de l'univers, une cosmogonie populaire dont les héros sont des humains doués de pouvoirs extraordinaires.

 

L'importance du Kalevala est difficilement imaginable pour nous autres francophones : les Finlandais d'expression finnoise découvrent soudain qu'ils possèdent une tradition et une littérature qui ne doivent rien à personne, et surtout pas aux occupants suédois ou russes. Jusqu'à aujourd'hui, il n'est guère d'artiste finlandais qui n'ait été inspiré de près ou de loin par le Kalevala.

 

Les Suédois...

 

Pendant ce temps, les suédophones ne se laissent pas intimider par ces mouvements qualifiés de « fennomanes » et rivalisent même de nationalisme finlandais. Johan Ludvig Runeberg, aujourd'hui appelé « poète national finlandais », écrit l'hymne national intitulé Notre Patrie. Point commun avec la poésie issue du Kalevala : le sentiment de la nature omniprésent.

 

... et les Finnois

 

Dès lors, après quelques débuts difficiles, la littérature finlandaise d'expression finnoise allait exploser. Tout d'abord avec Aleksis Kivi dont le destin fera pleurer dans les chaumières : il met toute son âme à donner au finnois sa première œuvre romanesque : Les Sept Frères (1870). Miroir dans lequel le peuple finlandais se retrouve encore aujourd'hui, incontournable de la littérature finnoise, l'ouvrage était trop surprenant pour son époque. Il est composé en partie de dialogues théâtraux présentés comme ceux d'une pièce et, en partie, d'un récit enchâssé de contes, légendes, poèmes, fables et chansons populaires.

 

Puis le courant réaliste et naturaliste dresse le constat de l'état de la jeune nation à l'aube du XXe s. Juhani Aho, disciple de Maupassant, puise dans ses souvenirs d'errances enfantines entre lacs et forêts.

 

Dans le courant de notre siècle, floraison d'auteurs. Frans Emil Sillanpää reçut le prix Nobel en 1939, puis Mika Waltari se fait connaître par de puissantes fresques historiques comme Sinouhé l'Égyptien, et écrivit aussi Danse parmi les tombes (1994).

 

Musique

 

Il existe plusieurs spécificités de la musique finlandaise. La plus surprenante est peut-être... le tango, qui a trouvé en Finlande sa deuxième patrie ! Ici, le rythme est plus lent et moins syncopé qu'en Argentine. L'accordéon est toujours à la fête, et les paroles exaltent souvent la nature... et l'amour toujours !

 

Côté musique classique, c'est bien sûr Sibelius qui mène la course en tête. N'oublions pas deux grands compositeurs contemporains : Einojuhani Rautavaara et Kaija Saariaho.

 

Des groupes de Métal finlandais, le plus médiatique est bien évidemment Lordi. Ces monstres en caoutchouc, pourvus de cornes, de griffes et de dents acérées, dissimulés sous une épaisse couche de maquillage et juchés sur des semelles de 20 cm, ont défrayé la chronique internationale et sont maintenant de véritables héros dans leur mère patrie.

 

Dit papa, on en mettra dans la voiture ? Hi, hi...

 

Peinture

 

À part les fresques médiévales des églises d'Åland et du Sud, la peinture finlandaise ne voit le jour que dans les années 1830, quand le réveil du sentiment national dope toute forme d'expression culturelle.

 

En 1846. bouffée d'oxygène : création de l'association des Arts de Finlande, qui subventionne la première école des beaux-arts et favorise l'ouverture vers l'étranger. Les artistes finlandais hissent petit à petit leur modeste peinture au niveau européen. Edelfelt, installé en France vers 1880, acquiert une renommée internationale.

 

Les artistes d'aujourd'hui se rattachent davantage à une école internationale qu'à une tradition nationale, mais celle-ci reste tout de même vivace dans l'art du paysage.

 

Euh, un musée, ça, j’y crois plus, hein papa ?

Sources


http://fr.wikipedia.org/wiki/Finlande  

http://www.routard.com